09 Mai

Témoignage sur les Groupes de Maisons d’Évelyne Zuber

temoignage
Ce témoignage a été fait lors de la rencontre de formation sur les petits groupes à Collonges sous Salève, le 8 avril 2017

Le temps qui m’est imparti étant très court, je lirai  mon texte pour ne pas me laisser emporter par mon enthousiasme pour les groupes de maison ! Vous me le pardonnerez, j’espère !

Sans nous vanter, nous pouvons dire, Jean-Daniel et moi, que nous sommes parmi les pionniers des groupes de maison ! Dès les années 70 le pasteur François Hugli, alors jeune stagiaire à Yverdon, en a fait l’expérience, puis les a initiés à Genève dans les années 80, où nous les avons à notre tour expérimentés avec joie. Au moment où s’envolait leur nombre (15 !) à l’église de Genève, François Hügli a été appelé à la Fédération du Sud de la France où il a essayé de les promouvoir. Ce fut un demi- échec, car les circonstances et les états d’esprit n’étaient pas très favorables. Aussi sommes-nous très heureux de voir le projet ressurgir et se développer dans la région…25 ans plus tard ! Et je peux vous dire que depuis 1988, dans le pays de Gex, notre groupe de maison n’a pas cessé de se réunir chaque semaine durant 2h pour partager les Ecritures ! Et même il a fait des petits !

Comment ouvrir un groupe de maison ? Telle est la première question qui se pose.

La première démarche, c’est de fréquenter le plus de monde possible hors de l’église locale : voisins, collègues, parents d’élèves des écoles de ses enfants, chrétiens ou non, s’intégrer dans des associations communales, de loisir ou de sport, et se faire connaître par notre rigueur morale, notre discipline de vie, notre fraternité, comme des chrétiens ouverts et disponibles, amoureux de la Bible. Dieu suscite alors des occasions favorables pour se rencontrer autour de la Bible. Pour nous, comme plus tard pour notre fille qui anime aussi un groupe de maison (Jean-Daniel vous en parlera tout à l’heure), la demande est venue de l’extérieur. Un groupe de mamans de l’école primaire se réunissait déjà avec les manuels  des « Rendez-vous avec la Bible », qu’une maman évangélique animait. Comme elle devait quitter la région elle nous a proposé de lui succéder. Nous avons ainsi poursuivi quelques temps avec ces manuels, et à la demande des participants eux-mêmes, nous sommes passés à l’étude plus approfondie des textes bibliques qu’ils désiraient mieux connaître. Depuis 30 ans nous ne les avons pas encore épuisés !

Donc pour ouvrir un groupe de maison, faisons-nous des amis à l’extérieur, et ouvrons-leur nos foyers pour partager avec eux ce qui nous tient à cœur, ce qui fonde notre vie, la Parole de Dieu !

Seconde question : Faut-il attendre d’avoir fait de la théologie ou d’avoir un pasteur pour animer le groupe ? Ce serait bien, s’il y a un pasteur disponible et acquis à la démarche, mais ce n’est pas indispensable ! Le risque, avec un pasteur (excusez-moi, mes frères pasteurs !) c’est que les rencontres deviennent des exposés théologiques et doctrinaux, et  qu’il n’y ait plus d’échanges ! Or, l’animateur du groupe doit veiller à favoriser ces échanges  dans la liberté de parole, et le respect des opinions et des ressentis, sans aucun jugement ni arrière-pensée.

Tout membre d’église est en principe formé, par l’Ecole du Sabbat, à lire, comprendre et partager un texte biblique, à cœur ouvert ! Tous n’ont pas le don d’enseignement, mais on peut se répartir les rôles selon les dons spirituels accordés à chacun : l’un ouvre sa maison pour les rencontres, l’autre prépare la petite collation qui met de l’ambiance, un troisième cherche une prière ou un chant approprié à l’étude du jour, un autre dirige l’étude, un autre propose des prières d’intercession. Chaque groupe aura sa personnalité selon ses participants, mais ne doit pas dépasser la douzaine de membres pour favoriser les échanges entre tous.

Enfin troisième question : Quel est le but d’un groupe de foyer ?

La grande crainte de nos responsables a été qu’ils se séparent de l’Eglise, et  qu’ils créent des groupes dissidents. Ce fut parfois vrai mais très minoritaire ! François Hugli m’a même confié cette semaine, que grâce au groupe de maison qui se réunissait chez lui, bien des membres éloignés de l’Eglise avaient retrouvé la joie de revenir dans les assemblées.

Mais un groupe de foyer n’est pas destiné aux membres d’église fidèles. Ils ont l’EDS pour se rencontrer, étudier la Bible et partager leur compréhension des textes ! S’ils participent à un groupe de maison, ils doivent être en minorité et éviter soigneusement le « patois de Canaan », le vocabulaire spécialisé (justification, sanctification, glorification… « gros mots » incompréhensibles par le profane.)

Le but d’un groupe de maison est avant tout de semer la Bonne Nouvelle du salut en JC. C’est de conduire ses participants à une rencontre personnelle avec Jésus. Si cela aboutit à un baptême, gloire à Dieu, mais cela reste une exception dans notre civilisation française, traditionnelle, chatouilleuse sur la liberté de choix et indépendante. Notre grande joie, c’est d’observer les transformations d’état d’esprit et de vie qu’opère le Saint-Esprit dans les cœurs de ceux qui sont persévérants et fidèles à ces rencontres. Nous en avons vu faire de véritables expériences de pardon dans leur famille, suite à leur découverte de l’Evangile. Mais la suite de leur cheminement reste entre les mains du Seigneur !

En conclusion, je ne peux que vous encourager à vous lancer dans cette merveilleuse expérience ! En plus de vous faire de vrais amis, vous serez fortifiés dans la foi et éprouverez mille joies devant l’œuvre du Saint-Esprit !