16 Sep

Les Églises de maison du Nouveau Testament : un modèle pour le monde complexe actuel ?

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Cet article est paru dans le journal Ministry (version française), dans le numéro du 1er semestre 2010, p. 24-28. Son auteur est KWABENA  DONKOR , PhD,  un des directeurs adjoints de l’Institut de Recherche Biblique à la Conférence générale des adventistes du septième jour à Silver Spring, Maryland, États - Unis . 
Pour obtenir la version originale, cliquer ici: Kwabena DONKOR, Les Eglises de maison du Nouveau Testament_M i n i s t r y 2010

L’intérêt pour les églises de maison grandit depuis les années 80. Certains y sont attirés par les implications ecclésiologiques et missiologiques de ce sujet; d’autres veulent simplement montrer la non pertinence des « bâtiments d’église » actuels; d’autres encore sont conduits vers ce modèle à cause des coûts croissants et des difficultés de construire des églises dans le contexte économique actuel. De toutes manières, l’Église adventiste du septième jour ne doute pas de la nécessité d’avoir des bâtiments d’église. Ellen White a conseillé : « Les communautés qui seront créées auront besoin d’un lieu d’adoration. Elles auront besoin d’écoles où l’instruction biblique puisse être donnée aux enfants. La salle de classe est aussi nécessaire que ne l’est le bâtiment d’église. »1

Cet article cherche à donner une description des églises de maison durant la période de l’église primitive. Nous espérons qu’il permettra une meilleure compréhension de la pertinence des églises de maison pour l’œuvre missionnaire adventiste aujourd’hui.

Le phénomène des églises de maison

Le Nouveau Testament parle de groupes de croyants se réunissant régulièrement dans l’intimité d’une maison plutôt que dans un bâtiment d’église. Cette église de maison était un groupe fraternel chrétien formé dans une maison (oikos en Grec) et/ou autour. Paul parle de telles églises dans les maisons de Priscille et Aquilas (1Co 16.19; Rm 16.3,5), de Phi-lémon (Phm 1,2), et de Nympha à Laodicée (Col 4.15).

L’utilisation du terme oikos pour décrire un groupe de croyants n’était pas faite pour désigner seulement un lieu, mais aussi pour identifier un groupe. Bien sûr, l’oikos était déjà une unité sociologique significative. Selon Ac 2.46, les croyants se réunissaient dans ces mai-sons pour rompre le pain. Mais, tel que formulé, nous pourrions dire qu’ils rom-paient le pain « selon la maison » ou « par maison » (kat’oikon). Pareillement, quand ils se réunissaient pour un enseignement, ils le faisaient « par mai-son » (kat’oikon). L’expression « selon la maison » ou « par maison » devient alors une unité de mesure à cause de son utilisation dans un sens distributif plutôt que simplement de lieu.

L’argument d’une église de maison en tant qu’unité identifiable de la communauté chrétienne primitive peut aussi être linguistique car les mots oikos et oikia étaient interchangeables pour décrire ce phénomène. Ces deux mots ont un éventail de significations incluant le sens littéral de maison aussi bien que le sens métaphorique de famille, mai-sonnée, clan, et même l’unité plus grande de tribu telle que la « maison de Juda. » Cette variété de sens se retrouve à la fois dans la Septante (l’Ancien Testament grec) et dans le Nouveau Testament. Cependant, dans la Septante et dans le Grec usuel, lorsque le mot oikos est utilisé avec le nom de Dieu, il fait référence au temple ou au sanctuaire2, Nb 12.7 étant une exception. Mais cette exception de l’Ancien Testament est la particularité unique de l’utilisation d’oikos dans le NT, où l’idée de maison de Dieu « est transférée du temple à la congrégation qui y est en adoration. »3 L’idée est qu’existait réellement le sens selon lequel «maison » est devenu une unité ou un groupe dans la structure de la communauté chrétienne primitive.

On peut difficilement dire si, comme résultat de la préférence de l’église primitive pour l’usage métaphorique de l’expression «maison de Dieu », le modèle « église de maison » était prévu pour être normatif. Clairement, cependant, l’usage métaphorique de «maison de Dieu » a permis aux écrivains du NT de clarifier par la suite la vérité à propos de la communauté chrétienne avec des concepts et des images comme : fondation (1Co 3.10–12), pierre d’angle (Ac 4.11), pierres vivantes (1Pi 2.5), et piliers (1Tm 3.15).

Répartition et description de l’église de maison 4

Il semble clair que le modèle d’église de maison était un réel modèle chrétien, car on la trouve aussi bien dans la communauté chrétienne de Jérusalem que dans d’autres communautés, y compris celles que Paul a établies lors de ses efforts missionnaires.

Les églises de maison de Jérusalem.
Avec le livre des Actes comme source première d’information sur l’utilisation des maisons dans l’église primitive de Jérusalem, il y avait au moins deux, peut-être plus, de ces églises à Jérusalem. Premièrement, Ac 1.12–15 décrit les disciples, après l’ascension du Christ, en train de retourner du Mont des Oliviers à Jérusalem et entrant dans une maison où ils montent dans une chambre haute. Caractéristique de l’architecture de l’Orient, la chambre haute occupait le second ou le troisième étage et était une assez grande pièce réservée au repos et à la relaxation. Elle était assez grande pour accueillir les disciples et les croyants, au nombre de 120, qui se réunissaient continuelle-ment, vivaient la communion fraternelle et priaient (1.14 ; 4.31); probablement rompant le pain, enseignant et prêchant (2.46 ; 5.42). Cette chambre haute servait d’église de maison.

Deuxièmement, Ac 12.10–17 rapporte une rencontre de croyants dans la mai-son de Marie, mère de Jean-Marc. L’observation que « beaucoup » étaient réunis ensemble pour prier (v. 12) suggère clairement que c’était une situation assez importante d’adoration à domicile. D’autres détails du récit, tel qu’une porte d’entrée avec une servante, suggèrent une maison d’un certain niveau. Pierre s’est rendu à cette maison la nuit de sa libération de prison, ce qui implique qu’il savait où elle se trouvait et que des croyants y seraient réunis en cette période de Pâques (12.2–4).

La plupart des spécialistes sont d’accord sur le fait que la maison d’Actes 12 est différente de la chambre haute mentionnée en Actes 1, les versets 12 et 17 du chapitre 12 impliquant au moins deux lieux distincts d’assemblée. Quand Pierre a dit aux croyants dans la maison de Marie d’annoncer la nouvelle à Jacques et « aux croyants », il indique peut-être un autre groupe de croyants ailleurs.

Il y a d’autres raisons concrètes de suggérer qu’à Jérusalem il y avait probablement une pluralité d’églises de mai-son et non seulement les deux mentionnées ci-dessus. Si l’église crois-sait aussi rapidement que décrit en Ac 2.41 et 4.4, les deux maisons seules n’auraient pas suffi pour les croyants.

En appelant « églises » ces regroupements de premiers chrétiens, il est important d’examiner la nature des activités prenant place lors de leurs rencontres.

Le service de culte. Actes 2.42 fournit une liste qui semble indiquer un pro-gramme pour un culte chrétien primitif. La liste inclut l’enseignement, la communion fraternelle, le partage du pain et la prière; toutes des activités utiles dans l’expérience d’adoration de n’importe quelle communauté religieuse. En dehors des maisons, le seul autre lieu de réunion des croyants était le Temple, mais il est impensable que ces activités de culte aient pu se passer dans le Temple. Nous pouvons donc en conclure que les croyants regardaient consciemment les maisons comme leurs églises et y tenaient leurs services de culte.

L’enseignement. Bien que les premiers chrétiens enseignaient dans la cour du Temple et prenaient part aux services de prières qui s’y tenaient, cela ne les empêchait pas de s’engager dans leurs propres activités d’enseignement dans les maisons.

La communion fraternelle et le partage du pain. Le mot pour communion fraternelle est koinonia, désignant une unité de cœur et d’esprit donnée par Dieu et indiquant des rapports étroits entre les croyants se soutenant mutuellement et s’impliquant les uns vis-à-vis des autres, à la fois spirituellement et matériellement (2.44,45; 4.32–37).

La prière. Dans la liste ci-dessus, prière est au pluriel. Cela indique au moins deux possibilités dans les pratiques de prière des premiers chrétiens : soit comme point fort du partage du pain, peut-être à la fin de ce moment, soit comme une reprise des temps juifs de prière dans le contexte des maisons.

La mission et les églises de maison.
La puissance de ce contexte d’église de maison en tant que stratégie d’évangélisation ne doit pas être oubliée. Actes 5.42 rapporte qu’au Temple et de maison en maison, les croyants enseignaient et prêchaient continuelle-ment que Jésus était le Christ. Quels que soient l’intention et l’objectif pour-suivi, dans le contexte de Jérusalem, prêcher Jésus en tant que Christ, revient à être une prédication évangélisatrice. D’autre part, l’expérience de Pierre et Corneille racontée en Ac 10.23-48 semble ne pas exclure la possibilité que des maisons, même celles de croyants dont les membres n’étaient pas tous chrétiens, deviennent les bases de propagation d’activités d’évangélisation. L’intense communion fraternelle de cœur et d’esprit (Ac 4.32), promue par les églises de maison où cela s’exprimait concrètement, pouvait être fortement attractive pour les voisins. Bien sûr, vu l’indication que les croyants « avaient la faveur de tout le peuple » (Ac 2.47), il n’est pas irraisonnable de conclure que cet ajout quotidien à la communauté était partiellement le résultat de cette faveur auprès du peuple.

Sur la base de ces activités conduites dans ces maisons, ne pouvons-nous pas légitimement et théologiquement appeler églises ces groupements ?

Des églises de maison à Antioche ?

Bien que la preuve de l’existence d’églises de maison à Antioche ne soit pas explicite, les exégètes proposent que c’était bien le cas pour un certain nombre de raisons. C’était le modèle adopté par le mouvement chrétien naissant et il semble que les premiers convertis aient été des «craignant Dieu» y compris des riches (voir par exemple Manaën, en Ac 13.1) qui pouvaient mettre leur maison à la disposition de l’assemblée. Il semble aussi qu’une église de maison relativement petite n’aurait pas attiré l’attention des résidents d’Antioche comme le suggère Actes 11.26. Enfin, on peut également prendre le faux-fuyant de Pierre dans sa relation envers les Gentils (Ga 2.11– 14) comme preuve de l’existence de congrégations séparées, juives et non-juives, qui se retrouvaient de temps à autre.

En supposant que les « églises de mai-son » à Antioche suivaient probable-ment le modèle de Jérusalem, les questions d’organisation, du service du culte et de la mission, traitées dans la section précédente, s’appliquaient également aux églises d’Antioche.

Les églises de maison dans les villes où Paul était missionnaire

Nous avons déjà vu que les lettres de Paul reconnaissent l’existence d’églises de maison. Le livre des Actes rapporte des réunions de maison à Philippes, Thessalonique, Corinthe et Troas. Il n’est pas nécessaire de nous attarder sur les détails de ces églises et d’autres églises particulières, mais il nous faut relever les passages qui semblent y faire allusion : Philippes, (Ac 16.11–15, 25–34); Thessalonique (Ac 17.1–9); Corinthe (Ac 18.7, 8; Rm 16.23; 1Co 16 ; 15.17); Cenchrées où Phoebe est appelée prostatis qui signifie« protectrice » (Rm 16.1,2); Ephèse (Ac 18.18,19,26; 1Co 16.19); Rome (Rm 16.3,5,10,11,14,15); et Colosses (Phm 1, 2). En outre, comme à Jérusalem, il est possible qu’il y ait eu plus d’une église de maison dans ces villes; par exemple, à Philippes (dans la maison de Lydie et celle du geôlier) et à Corinthe (dans les propriétés d’Aquila et Priscille, de Justus, Crispus, Stéphane et Gaius.

Certains spécialistes du Nouveau Testament ont remis en question l’existence d’églises de maison au temps de Paul. Selon eux, il s’agissait « d’églises d’immeuble »5 de type « HLM » : les croyants se seraient entassés dans plu-sieurs appartements dont ils auraient abattu les cloisons. Ils fondent leur argumentation sur le fait que le niveau social des premiers chrétiens ne leur permettait pas d’avoir leur propre mai-son. Il est toutefois difficile d’apporter des preuves tant par l’archéologie que par la Bible.6 Même si Phoebe avait pu être esclave, elle était appelée protectrice. Il semble plutôt que les chrétiens, des églises sur le trajet missionnaire de Paul, se réunissaient dans les maisons des membres aisés.

Le service de culte. 1 Corinthiens 11 et 14 apportent des éléments sur le service de culte à l’église de Corinthe. Certains se demandent s’il s’agit de deux services de culte distincts, l’un pour la célébration de la Communion et l’autre pour la Parole. De toute façon, ces deux chapitres nous apportent avec certitude les éléments du service de culte : chants, prières, enseignement/instruction et parole prophétique, ainsi que la Communion. On peut penser que les éléments du service de culte à Corinthe se retrouvaient dans les autres églises pauliniennes : Rm 12.3–8 mentionne le culte, l’enseignement, l’exhortation; Ep 5.19 parle d’enseignement, du chant de psaumes, d’hymnes et de cantiques; et Col 4.16 laisse entendre que les lettres de Paul étaient lues à la congrégation lors de réunions.

Les églises de maison pauliniennes et la mission.
Il semble que le rôle des églises de maison pauliniennes dans les activités missionnaires ait été influencé par la conception missionnaire de Paul. Convaincu qu’il devait prêcher l’évangile au monde entier, Paul se rendait dans les villes importantes en suivant les routes commerciales de l’époque. Les églises fondées par Paul entraient dans un schéma où elles fonctionnaient comme des cellules à partir desquelles des villes entières devaient être atteintes. Le fait que Paul ne restait pas dans les villes pour amener les cellules à la maturité d’églises souligne ce point (1Th 3.1–5). Il était donc naturel pour les églises de maison de se considérer comme des bases pour le travail missionnaire, contribuant à fournir les ressources nécessaires.

Consolidation : leadership et organisation des églises de maison du NT

L’image qui émerge de notre discussion jusqu’ici indique que dans de nombreuses villes où l’église primitive s’implantait, y compris Jérusalem, il existait un certain nombre de groupes chrétiens fonctionnant simultanément. Mais comment ces groupes se percevaient-ils et comment maintenaient-ils leur senti-ment d’identité ? Ces questions posent la problématique de l’organisation et du leadership.

L’organisation. Actes 8.1 parle de l’église de Jérusalem au singulier. Pourtant d’après les indices présentés ci-dessus, il y aurait eu au moins deux, probablement plus, de groupes de mai-son de croyants. Actes 2.42–47 et 4.31– 37 présentent une communauté de croyants qui ont mis leurs biens en commun et laisse entendre que tous les croyants se réunissaient de temps à autre au Temple. Il semble donc, qu’à un certain degré, dans la vie communautaire des croyants de Jérusalem, ils aient eu une organisation commune ou générale tandis qu’à d’autres niveaux, la communauté s’était organisée en groupes de maison séparés. Nous constatons alors une forme d’organisation sur au moins deux niveaux. On peut appliquer cet argument aux églises pauliniennes, en tout cas à Corinthe. Nous avons déjà relevé l’existence probable d’un certain nombre d’églises de mai-son à Corinthe, pourtant Paul adresse sa première lettre aux Corinthiens à « l’Église de Dieu qui est à Corinthe » (1Co12). Dans le contexte d’une pluralité d’églises de maison à Corinthe, il est possible que la phrase « Si donc toute l’Église est assemblée en un même lieu » (1Co 14.23, Ostervald; italiques ajoutées) fasse référence à un rassemblement occasionnel de toutes les églises de maison au même endroit.

Si les remarques ci-dessus sont correctes, il est possible d’affirmer le point suivant. Même s’il y avait plusieurs églises de maison, toutes se considéraient comme faisant partie de l’Église de leur ville respective. C’était probablement le sentiment identitaire qu’elles avaient, ce qui n’est pas déraisonnable étant donné que la conception missionnaire de Paul les avait probablement amenées à voir leurs communautés comme des bases ou des cellules pour l’évangélisation de leur ville. Ainsi, leur objectif missionnaire influençait leur organisation.

Le leadership. Un tel système d’organisation n’aurait pas pu fonctionner sans un leadership correspondant. Pour l’église de Jérusalem, il est clair que le leadership était aux mains des apôtres. Qu’en est-il des églises pauliniennes ? 1Thimotée 5.12 nous donne une clé du leadership et de la nature des fonctions de direction dans ces églises. Paul demande à l’église « d’avoir de la considération » pour un groupe spécifique de personnes. Le terme grec pour « considération» (eidenai) signifie littéralement « connaître », ce qui « en soi… signifie “ identifier ” ou “prendre note de ” ceux qui sont nommés comme ses objets. » 7 En décrivant ce groupe de personnes, Paul emploie trois participes au présent: se donnant de la peine » (koipiontas), présidant sur vous » (proistamenous), et « vous reprenant » (vouthetountas). Les exégètes du NT soulignent que l’emploi d’un seul article défini pour introduire ces trois participes montre qu’il s’agit d’un seul et même groupe. En outre, l’emploi du temps présent sous-entend que ces fonctions n’étaient pas de nature sporadique mais des activités constantes et habituelles de la congrégation. Quant à la nature des fonctions des dirigeants, « se donnant de la peine » décrit le travail physique épuisant nécessaire pour le soutien d’un ministère, tant physiquement que spirituellement (1Th 2.9; 3.5). Il s’agit donc ici d’efforts acharnés pour assurer le bien-être tant matériel que spirituel de la congrégation. « Présidant sur vous » a une variété de significations incluant: être à la tête de, diriger, veiller sur (Rm 12.8) et gérer (1Tm 3.4,5). Finalement, « vous reprenant » peut comprendre l’instruction, généralement dans le but d’exercer une influence corrective (1Co 4.14).8 La lecture de 1Th 5.12, dans le contexte des versets 20 et 21, peut nous amener à la conclusion que certains membres de la congrégation couraient peut-être le risque de se laisser induire en erreur et qu’ils devaient avoir de la considération pour ceux qui travaillaient dur parmi eux, les dirigeaient et les corrigeaient.

Bien que la question de la constitution du leadership ne soit pas vraiment ce qui nous intéresse ici,9 il faut relever que le maître de maison semble acquérir l’autorité du leadership dans l’église. En tout cas, il existe suffisamment de preuve pour montrer que des fonctions de leadership étaient bien en place dans ces congrégations comme un moyen de maintenir leur santé matérielle et spirituelle. À Corinthe, Paul demande aux croyants de se soumettre à la maisonnée de Stéphanas et à d’autres qui semblent avoir eu une position spéciale et exercé des rôles dirigeants. À l’instar de ceux de Thessalonique, « ils s’étaient consacrés au service des saints » (1Co 16.16). Il est certain que s’il n’y avait pas eu de structure de leadership à Corinthe, il aurait été absurde que Paul s’attende à ce que certains membres de la congrégation trouvent une solution aux conflits internes de l’église (1Co 6.1–5). Ailleurs, dans l’église de Philippes, il est fait brièvement mention des fonctions de leadership remplies par des episkopoi (surveillants/évêques) et des diakonoi (diacres); fonctions qui auraient été reconnues comme des charges. Nous voyons ici une fonction de leadership reconnue et continue.

En ce qui concerne la responsabilité de coordonner les activités des diverses églises de maison, il semble que cette tâche ait été principalement assumée par les apôtres. Paul se désigne lui-même comme le « père » de l’église à Corinthe (1Co 4.15). Il exerce la fonction de « surveillant » dans les églises qu’il a fondées, en utilisant abondamment comme moyen de communication des lettres pour exercer cette fonction de loin. Il avait également plusieurs collaborateurs pour des objectifs missionnaires (Timothée, Tite, Sylvain, etc.). En outre, il faut garder à l’esprit le rôle de certains leaders exerçant une autorité centrale à Jérusalem : l’envoi de Pierre et de Jean pour aider Philippe (Ac 8.14); peut-être la convocation de Pierre qui doit rendre compte de son action chez Corneille (Ac 11.1–18); le concile qui traite de la question des Gentils et des rites (Ac 15); le fait de mandater Paul pour porter l’évangile aux Gentils (Ga 2.2).

Même si tous les détails de l’organisation et du leadership ne nous sont pas connus, l’église primitive avait mis en place des modèles de structures et de leadership qui permettait de garder unie ce qui semble avoir été une pluralité d’églises de maison.

Conclusion

Dans l’église primitive, il semble que, de diverses façons, les églises de maison étaient des congrégations pleines de vie, transmettant l’évangile avec succès. L’église de maison était une unité chrétienne authentique. En tout temps, dans les villes où l’évangile s’implantait, on pouvait trouver plusieurs églises de maison. Dans chacune de ces congrégations, se tenaient des activités justifiant l’appellation d’églises.

Toutefois, ces églises n’étaient pas des congrégations fermées sur elles-mêmes mais des bases pour atteindre la ville. C’est pourquoi il semble qu’il y ait eu une certaine collaboration entre plu-sieurs églises d’une même ville, ce qui exigeait au minimum une certaine forme d’organisation. Même si chaque église de maison était vraiment église en elle-même, l’Église entière de toute une ville se réunissait de temps à autre. Toute cette organisation nécessitait for-cément un certain degré de leadership afin de promouvoir la santé des églises.

Il semble que l’église de maison ait réussi parce que du point de vue architectural, sociologique et missiologique, elle avait trouvé sa voie. Les limitations architecturales imposées à la taille de la congrégation ne paraissent pas avoir été un problème parce qu’il semble que la maisonnée ait été une unité viable de l’organisation sociale. En fait, la situation socio-culturelle présentée par le concept d’oikos offrait un bon cadre sociologique pour l’église de maison qui s’avérait être un catalyseur pour la mission.

L’église de maison est-elle une option pour l’œuvre adventiste dans les grandes villes contemporaines ? Notre étude montre qu’en principe l’église de maison est fonctionnelle ou « faisable ». L’église de maison pourrait effectivement être un puissant correctif à la vie impersonnelle de nos villes modernes et devenir un catalyseur pour l’évangélisation, sans parler de l’économie financière qui pourrait être réalisée.

Cependant, il semble que son efficacité dans une ville spécifique quelle qu’elle soit, dépendra de l’évaluation sérieuse de plusieurs facteurs dont les aspects physiques, sociologiques et organisationnels. Quelles limitations en taille sont imposées par l’architecture et la conception des bâtiments dans la ville où le message est sensé s’implanter ? Quel impact psychologique la taille en elle-même aura-t-elle sur les chances de survie de l’église ? Quels réels dangers de morcellement, tant théologiquement qu’autrement, sont imposés par la taille ? Étant donné le mélange socio-culturel de la ville, comment les gens réagiront-ils au niveau plus intense d’interaction qu’offre l’église de mai-son ? Quel pourrait être, dans l’église, le rôle du propriétaire de la maison et comment cela s’insèrerait-il dans le système adventiste de gouvernance d’église ? Quels risques le rôle naturel du chef de maison peut-il poser à la vie de l’église et à la santé matérielle et spirituelle de la congrégation ? Étant donné l’influence que peut avoir le responsable de la maison, cette question devient cruciale face à la prolifération contemporaine d’églises indépendantes. Quelle sera l’efficacité de la forme représentative de direction d’église pour cette communauté, quand l’existence de l’église dépendra de la bonne volonté du chef de la maison ? Il faut aborder au cas par cas de telles questions et beaucoup d’autres, avant de pouvoir prendre une décision sur la viabilité de l’église de maison pour aujourd’hui.

  1. Ellen G. White, The Advocate, March 1, 1899.
  1. Colin Brown, ed., The New International Dictio-nary of New Testament Theology, vol. 2 (Grand Rapids: Zondervan Publishing House, 1986), 247.
  2. Ibid
  1. Pour une discussion critique et détaillée, voir Roger W. Gehring, House Churches and Mission (Peabody, MA: Hendrickson Publishers, 2004), 1–225
  1. Voir par exemple Robert Jewett, “Tenement Churches and Communal Meals in the Early Church,” Biblical Research 38 (1993): 23–43.
  1. Gehring, 148–151.
  1. Michael Martin, The New American Com-mentary, 1, 2 Thessalonians (Nashville, TN: Broad-man & Holman Pub., 2002), 171.
  1. , 173.
  1. Il a été démontré que, du point de vue sociologique, le cadre de la maisonnée déterminait la vie intérieure et l’organisation de l’église chrétienne locale. Gehring conclut donc que « les structures de leadership des églises de maison n’avaient pas à se créer à partir de rien. “L’église dans la maison venait pour ainsi dire avec son leadership déjà inclut.” » Voir Gehring, 194.
05 Juil

Qu’est-ce qu’un GdM ?

visuel GDM

visuel GDMUn GdM, c’est un Groupe de Maison.

« C’est un petit groupe qui se réunit régulièrement afin d’expérimenter l’Esprit de Jésus au travers de la Parole, de la prière et de la présence à ceux qui en ont besoin. »

Voilà la définition donnée dans une plaquette qui présente ce qu’est un GdM.

Alors pour en savoir plus, il suffit simplement de consulter cette Plaquette Doc TILT_GDM

Bonne lecture.

27 Juin

Être disciple aujourd’hui !

image être disciple

1ère page être discipleLe mot  « disciple » est utilisé dans la Bible pour désigner celles et ceux qui ont choisis de suivre Jésus. Ils choisissent de s’inscrire dans une relation entre un disciple et un maitre. Jésus étant ce maitre. En fait, dans la tradition juive, le disciple est celui qui va apprendre au contact de son maître. Pour devenir un disciple, il faut déjà bien des connaissances et aller voir un maitre qui acceptera de vous prendre pour disciple. Avec Jésus, les évangiles nous montrent au contraire que c’est Jésus qui choisit, qui appelle. Dieu est au début du chemin. Vivre avec Dieu, c’est accepter qu’il a fait le chemin jusqu’à nous pour nous rencontrer. Je suis aimé et choisi. Je suis désiré de Dieu. Il met tout en œuvre pour notre rencontre. C’est son souhait. Vivre l’intimité avec chacun d’entre nous.

Afin d’aller plus loin dans ce cheminement et cet engagement, il est possible de télécharger une plaquette sur ce thème « être disciple aujourd’hui »

et de regarder la vidéo https://www.youtube.com/watch?v=M4QcvbTYdc8

20 Juin

Groupe de croissance

Visuel GDC

U1ère page plaquette GDCn Groupe de Croissance (GdC), c’est un petit groupe ne dépassant pas trois personnes, dans lequel se vit une communion relationnelle intense entre ces personnes et Dieu.
Son but : un vécu authentique de disciples contagieux !

C’est un chemin de transformation avec des temps de partage authentique, de la prière l’un pour l’autre, et pour 2 ou 3 autres personnes et enfin la lecture quotidienne de la Bible.

Ce binôme spirituel est une formidable expérience à vivre pour des responsables de GdM, d’EdM et même pour tous les participants.

Pour découvrir plus longuement les GdC, vous pouvez télécharger la plaquette sur les GdC     ainsi que visionner deux vidéos:

https://www.youtube.com/watch?v=AHx4-1zhZ6o
https://www.youtube.com/watch?v=U_2-7hQvJC4

13 Juin

Camp Meeting « Une Église rayonnante pour servir le monde – L’évangélisation par influence »

Affiche camp meeting 2016

Affiche camp meeting 2016Du 15 au 21 août, au Moulin de l’Ayrolle.

Le camp Meeting, c’est à la fois un temps de ressourcement spirituel, de la convivialité et de la formation en lien avec la mission !

Invité : Rudy Dingjan, directeur de l’implantation d’Églises de l’Union des Pays-Bas.

Ateliers animés par Gaël Cosendai, Ana et Phi-lippe Aurouze, Joël Tintier, Samuel Dinsenmeyer, Luca Marulli et Roland Meyer.

Places limitées à 160 participants.

Infos détaillées: CM2016 Prospectus web  – CM2016 Fiche d’inscription

 

01 Juin

Calendrier de prières pour l’Église dans les maisons de l’Équipe Victoire

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Voilà un article qui vous présente une initiative qui va dans la sens de la promotion des « Groupes et Églises de maison ». Il s’agit d’un calendrier de prières mensuel proposé par l’Équipe Victoire . Nous partageons régulièrement avec eux des sujets de prières.
Alors, voilà plus d’infos sur cette démarche…

logo-victoire-groupe-de-maisonPour qui ? Ce calendrier s’adresse à tous ceux qui sont déjà impliqués dans des groupes de maisons / églises de maisons en France (ou qui s’y intéressent), ainsi que les intercesseurs.

Quoi et pourquoi ? Ce calendrier de prières mensuel se veut un outil pour encourager un maximum de personnes dans la prière, pour le développement de l’Église dans les maisons en France. …N’hésitez pas aussi à nous communiquer vos sujets de prières et vos témoignages de vie dans votre groupe de maison.

Beaucoup de termes sont employés pour définir des groupes se réunissant dans des maisons (des groupes de maisons, cellules, églises de maisons, groupes de prières, maisonnées, cellules d’évangélisation, etc.) Dans ce calendrier, nous utiliserons souvent les termes « groupes de maisons » et « églises de maisons ».

Vous découvrirez que la dynamique de « l’Église dans les maisons » est en pleine extension en France et dans la plupart des confessions reconnaissant Jésus-Christ.

Nous aimerions aussi que ce calendrier encourage des passerelles entre les différents groupes et réseaux, afin de nous entraider dans le travail pour l’avancement du Royaume de Dieu en France.

Pour recevoir ce calendrier de prières ? Nous serions heureux de vous envoyer ce calendrier de prières mensuel par e-mail. Aller sur le site http://www.gospelfrance.fr, cliquer sur l’onglet « Contactez nous », puis nous envoyer un message en disant que vous souhaitez recevoir le calendrier de prières pour les groupes de maisons.

Pour demander que nous priions pour un sujet de prière pour votre groupe ? Depuis le site http://www.gospelfrance.fr, cliquer sur l’onglet « Contactez nous », puis nous envoyer un court résumé du sujet de prière pour votre groupe de maison.

Par qui ? La coordination du calendrier est faite par l’équipe Victoire (voir http://www.gospelfrance.fr), avec la contribution de requêtes de prières ainsi que de témoignages et d’exemples de mises en pratique venant de différentes personnes impliquées dans des groupes de maisons / églises de maisons à travers la France.

20 Mai

Livre « Une Armée de Gens Ordinaires » par Félicity Dale

Harmeeistoires vécues d’une vingtaine de personnes ordinaires dont Dieu s’est servi pour faire des disciples et commencer des groupes et églises de maisons.

« Quand des gens ordinaires partent faire l’œuvre du Royaume,
Dieu s’occupe de l’extraordinaire ! » (p. 31)

Toi aussi, tu peux avoir une histoire comme celles que tu liras dans ce livre.

Pour plus d’informations et pour commander ce livre, aller sur le site de l’équipe « Victoire » en cliquant sur le lien suivant :      www.gospelfrance.fr/boutique

10 Mai

Démarrage et formations…

Démarrage

Nous vous mettons à disposition des formations qui pourront vous aider dans la création ou le développement de votre petit groupe (Groupe de Maison, Église de Maison).

Si vous souhaitez démarrer une Église de Maison (EdM), vous pouvez suivre la formation « En mission dans la moisson » sur 7 rencontres
(1. Et si on changeait de vision ? Premiers regards sur les Églises de maison, 2. Une autre vision de la moisson, 3. Une autre vision de la méthode, 4. Une autre vision de la mission, 5. Une autre vision de ce qu’est L’Église, 6. Une autre vision du service. 7. L’envoi en mission)

Si vous souhaitez démarrer un Groupe de Maison (GdM) et lancer une dynamique de petits groupes dans votre Église, vous pouvez suivre la démarche « En bonne santé spirituelle… dans ma vie de disciple, dans mon groupe de maison, dans mon Église… ». Il s’agit d’un processus de stimulation en plusieurs phases et avec des outils « clé en main ».

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